LA FIN DU
VOYAGE
Voici venir Seigneur, la minute suprême
Où pauvre voyageur, je vais quitter la vie
Je reçus en naissant son injuste anathème
Qui fit de mon chemin une lente agonie
Jai suivi sans gémir cette route si dure
Trébuchant sans répit aux pierres du
malheur
Jamais votre Saint Nom sur mes lèvres impures
Ne passa, implorant votre grâce, ô Seigneur.
Jai cueilli les lys noirs près de la croix de
pierre
Et jai posé mes mains sur lautel des
douleurs
Mais je nai pu prier, mon âme était si
fière
Que jaurais eu plus tard de pénibles
rancoeurs
Le chemin parcouru me fut expiatoire
Alors je ne crains pas de venir devant vous
Et si ma pauvre vie vous parait méritoire
Il sera superflu que jarrive à genoux.