Le coin des poètes





A. BLARION


  

LA FIN DU VOYAGE


Voici venir Seigneur, la minute suprême
Où pauvre voyageur, je vais quitter la vie
Je reçus en naissant son injuste anathème
Qui fit de mon chemin une lente agonie


J’ai suivi sans gémir cette route si dure
Trébuchant sans répit aux pierres du malheur
Jamais votre Saint Nom sur mes lèvres impures
Ne passa, implorant votre grâce, ô Seigneur.


J’ai cueilli les lys noirs près de la croix de pierre
Et j’ai posé mes mains sur l’autel des douleurs
Mais je n’ai pu prier, mon âme était si fière
Que j’aurais eu plus tard de pénibles rancoeurs


Le chemin parcouru me fut expiatoire
Alors je ne crains pas de venir devant vous
Et si ma pauvre vie vous parait méritoire
Il sera superflu que j’arrive à genoux.

 

 

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