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  LE CIGARE

 

 


Un bon repas s'accompagne toujours d'un bon vin, s'achève sur un digestif et, comble du bonheur, sur un cigare.

Le cigare, réservé autrefois à une élite, était un symbole de réussite sociale. Aujourd'hui, il se démocratise et sa clientèle se diversifie, touchant les femmes et les jeunes.

Contrairement à la cigarette qui se fume nerveusement, impulsivement, par une sorte d'automatisme, le cigare est quelque chose de totalement différent. Le fumer est un plaisir, dont il ne faut d'ailleurs pas abuser. Un plaisir comme peut-être la dégustation d'un bon vin ou d'un sublime menu, car on déguste, on savoure, on ne baffre pas, et on ne galvaude pas ces moments privilégiés.

Le cigare, c'est une heure de plaisir, de détente, de dégustation, à petites touches, avec un état d'esprit très particulier qui privilégie ces instants exceptionnels.

Lorsque vous dégustez un grand vin, vous regardez sa robe, vous le humez et vous le dégustez, profitant de sa couleur, de ses arômes, de sa saveur. Il en va de même pour un cigare, je devrais même dire qu'il y a là quelque chose de "charnel", qui frise l'érotisme.
Ainsi lorsque vous prenez un cigare, vous touchez et caressez sa cape, vous le humez pour profiter de ses arômes avant de passer à l'acte, un peu comme vous le feriez avec une femme : caresses du regard, caresses de la main sur la peau soyeuse, odeur sensuelle de la peau, subtilité du parfum, un doux moment de griserie subtile qui prélude aux merveilles de l'acte.

Ensuite, vous prenez votre guillotine et coupez la tête du cigare en prenant soin de ne pas toucher la calotte qui termine la cape.
Puis, vous prenez une allumette (jamais un briquet essence) et chauffez légèrement le pied du cigare (sans le mettre en contact avec la flamme et sans tirer sur le cigare).
Surtout, ne chauffez pas le corps du cigare afin de ne pas assécher la cape.

Une fois allumé, le bout du cigare doit présenter une incandescence uniforme et plane. Vous tirez ensuite quelques bouffées, courtes et réguliers ; la dégustation commence et le plaisir ira crescendo.

On le voit, fumer le cigare obéit à une sorte de Rituel qu'il convient de respecter, la plaisir que l'on en retire n'en est que plus grand. Par contre, on ne devient jamais accroc du cigare, comme c'est le cas avec la cigarette.

On n'avale pas non plus la fumée comme avec la cigarette. Le fumeur de cigare la fait tourner dans sa bouche pour mieux apprécier les saveurs du mélange de tabacs offerts à sa dégustation. A ces bons vieux tabacs mûris et vieillis, selectionnés avec amour, pleins d'arômes subtils, d'odeurs poivrées, des oeuvres d'art élaborées par des spécialités et roulés à la main.

Recommandations aux novices

- pour fumer le cigare, 3 accessoires sont nécessaires : guillotine, allumettes, et bien sûr cendrier.

- ne jamais utiliser une allumette en banderille dans la tête du cigare. Cet antique procédé est ringard, d'autant plus qu'il est mauvais pour le tirage.

- achat des cigares : vérifiez toujours le taux d'humidité (environ 70%) - un cigare qui "craque" entre les doigts est déconseillé. Si vous achetez une boîte, faites la ouvrir par le buraliste et vérifiez la qualité du contenu (humidité, couleur, état des capes...). Les capes ne doivent pas être fendues.

- un gros cigare est préférable : son diamètre conditionne la vitesse du tirage. Plus il est gros moins vite il se consume et la fumée sera moins âcre, produira moins de goudrons. Les gros dégagent aussi plus de saveurs.


Aperçu historique du tabac

1492 C. Colomb découvre l'Amérique ... et le tabac que fument les indigènes pour lesquels fumer permettait de rentrer en communication avec les dieux à travers les volutes de fumée de cigare. En outre, ils prêtaient au tabac différentes vertus dont celles de lutter contre la fatigue et de calmer la faim.

Le tabac fut introduit pour la 1ère fois en France en 1556 par l'abbé André Thevet qui le baptisa Angoumoisine. Mais l'histoire n'a retenu que le nom de Jean Nicot de Villemain, ambassadeur de France à Lisbonne, qui envoya la poudre de tabac à Catherine de Medicis afin qu'elle soigne ainsi ses migraines. La nouveauté et le haut rang de la malade rendirent le tabac (herbe à Nicot) célèbre et on lui attribua diverses vertus notamment celles de guérir les maux de dents, migraines, rhumatismes, goutte,.... le tabac sera, longtemps, consommé comme médicament en poudre. Mais de plus en plus, on fume pour le plaisir. Petit à petit, nos gouvernements vont s'apercevoir des intérêts économiques que représente le tabac Richelieu y trouvant une manne financière inespérée, va instaurer des droits de douane à l'importation du tabac venant d'Amérique. En France, on voit fleurir les premières plantations. Plus tard, Colbert fera de l'exploitation du tabac un monopole d'état, qui sera d'abord attribué à des particuliers, puis à la Compagnie des Indes. Supprimé en 1791, l'exploitation du tabac en monopole d'état est rétabli en 1810 par Napoléon 1er. On fume la pipe, on prise, le cigare est, lui, symbole de réussite sociale et le restera encore jusqu'à nos jours.

La 1ère cigarette apparaît en 1843. Les années qui suivront, l'herbe à Nicot, en plein succès fera un véritable "tabac".

 

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