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DE LA BIÈRE A LA
TEQUILA
La bière pour tout le monde, c'est un
produit du Nord ou de l'Est selon une orientation
assez vague d'ailleurs, mais vous n'entendez jamais
parler de la bière du midi ou des
bières du soleil, car le midi c'est ANIS et
compagnie...
Mais voilà, les temps changent et les
consommateurs aussi, comme vous le verrez dans nos
deux exemples ci-après. Les Nordistes ont
apporté la bière aux Sudistes et
ceux-ci l'ont adopté, car il fait "soif" au
pays du soleil ; en retour, les Nordistes ont
ramené chez eux les produits du Sud qui
mettent du soleil au coeur lorsque celui-ci se fait
rare dans le ciel.
Regardez l'Espagne, en 48-49, la consommation
locale de bière ne dépassait pas 3
litres par an et par habitant alors qu'elle atteint
aujourd'hui les 70 litres, ce qui fait que les
bières Espagnoles (AGUILA, MAHOU, SAN MIGUEL,
DAMN,...)
prospèrent ; la San Miguel est même
arrivée en 46 aux Philippines (ex-colonie
Espagnole).
L'Italie est derrière avec environ 30 l/h et
par an mais progresse avec les marques comme
DREMER,
MORETTI, MESSINA,....
La France, autre pays du Sud fabrique d'excellentes
bières (du Nord d'Alsace, ou de Lorraine) et
en consomme aussi beaucoup, y compris dans le midi.
En fait, tous les pays du bassin
méditerranéen consomment
régulièrement de la bière. En
dehors de l'hexagone, le Mexique exporte
fièrement sa CORONA, boisson du peuple, qui obtient en
France notamment, un énorme
succès.
Dans la foulée, les brasseries
FISHER (sous contrôle de
HEINEKKEN) ont créé le
succès de la décennie, la
DESPERADOS, la DESPE comme disent les jeunes,
qui ont d'emblée été
séduits par le goût accrocheur de ce
produit qui n'a rien d'ailleurs de Mexicain
à part le nom et l'addition de
TEQUILA qui lui donne ce goût
particulier. Pour doper encore plus ce produit, on
rajouta le look de la bouteille, au long col. La
DESPE fut un succès : en 98, 400.000
hectolitres vendus et 7% de parts de marché,
et la DESPE a toujours son petit succès et
continue de couler à flot.
A propos de TEQUILA justement, les Mexicains ne sont
pas contents du tout et la fièvre monte au
pays des Mayas et des Aztèques : le prix de
la Tequila ne cesse d'augmenter et c'est
très grave, car la Tequila, c'est la boisson
nationale, entourée d'un passé
prestigieux ; la boisson de nos ancêtres qui
dans les tavernes du pays, venaient sombrero sur la
tête et le colt à la ceinture,
discuter en amis ou se disputer parfois suivant les
circonstances. Ici la Tequila représente
autant pour les Mexicains que le Whisky pour les
Écossais ou la Vodka pour les Polonais.
En fait, la Tequila est victime de son
succès. Elle est partie aux USA avec les
immigré Mexicains, et maintenant elle est
consommée par tous, dans les bars chics des
USA. En Europe aussi, (France, Allemagne,
Belgique,....) La Tequila est à la mode et
comme en plus du phénomène de mode,
c'est excellent, les gens en raffolent. Les
Français en ingurgitent 1,5 millions de
litres par an, les Belges encore plus, car les
blondinets se prennent pour des Mexicains
basanés.
Conséquence, la production de Tequila qui
était de 104 millions de litres en 1995 est
passée en 1999 à 190 millions de
litres (+ 83%) ; l'exportation a augmenté de
51%.
Avec quoi est faite la Tequila ? avec la
sève de l'agave bleue. Or la demande d'agave
a augmenté de 180% alors que les plants sont
en diminution (sécheresse, maladies,
vols,...) Exemple, dans l'État de Jalisco,
en 98 il y avait 230 millions de plants, il n'y en
a plus aujourd'hui que 140 millions.
Résultat, les prix montent et donc la
fièvre monte avec la révolte des
"Tequileros" et la grogne des consommateurs qui
paient leur carburant préféré
30 à 40% de plus. On vous vend même de
l'ersatz avec moitié agave moitié
surprise.
Alors ça suffit, au Mexique on vous fait des
révolutions pour moins que ça -
Caramba !
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