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L'ANCETRE ET LA VIE

 

 

 

VARIATIONS SUR LE PHONÈME ”A” (suite)

En dravidien, il existe plusieurs termes pour qualifier le Père et la Mère. Pour le Père la forme principale est AYYA avec un sens d’origine, d’ancienneté, de commencement, de matière première ; c’est le père ancêtre. Nous avons encore une autre forme ATTAN, ainsi qu’APPAN et ACCAN. Mais c’est surtout le terme AYYA qui nous intéresse ici. Les Puranas Pré-aryens disent que les cinq races qui peuplaient la terre à l’origine descendaient d’un ancêtre commun nommé YAYATI, le père de l’espèce humaine. Les archaïques Kollak de l’Inde vénèrent encore un vieux Dieu nommé AYYAK, père ou grand-père, Dieu ancestral. Ces deux derniers noms sont liés étymologiquement à l’AYYA dravidien, l’ancêtre. En ce qui concerne la Mère, la forme principale est AMMA ( qui a donné les formes peu usitées TANNEI et TAMAN’EI ). Nous connaissons encore deux autres formes plus courantes ANN’EI et TANN’EI dont nous reparlerons. Cependant, il est attesté une forme plus ancienne en AY/AYI ( femme agée, matrone, ancêtre, qui est peut être une suite de ces ” Vénus ” du paléolithique ) ; AY/AYI rejoint la forme masculine AYYA, de même sens et de même étymologie. Nous avons donc un racine-base en AY avec le sens de VIE à l’état premier, l’origine, la base, l’ancêtre. Un autre terme dravidien de même lignée, PAJA (ancien ) confirme, s’il en était besoin, le sens étymologique des autres termes. Cette racine dravidienne nous apparaît comme ayant fait un itinéraire linguistique assez étonnant puisque nous le retrouvons chez des peuples de langues et peut être de race analogues, mais aussi dans le vocabulaire d’autres civilisations. En voici quelques exemples : Dans les langues du même groupe, nous retrouvons la racine AY en Crête Pré aryenne avec la Bonne Mère AIA et les divinités PASAIA et PAIAWON. En basque, autre langue agglutinante, GAIA a le sens de matière première originelle, celle dont on fait quelque chose, ce qui est à l’origine de la Vie, Le sens de ” Terre ” donné au terme GAIA/GAEA (d’ailleurs non grec ) me semble tout à fait erroné, puisqu’au Néolithique, la Grande Déesse était cosmique, universelle, déesse de la Terre, certes, mais aussi du Ciel. Ce sont les civilisations patriarcales sémito-aryennes qui l’ont reléguée sur une terre qui a le sens d’inférieur par rapport au domaine céleste. La forme dravidienne AY sera reprise encore dans l’Hébreu AV ( ancêtre ) comme dans le nom de la première femme, notre ancêtre donneuse de Vie EVE/AVA/A WAK On retrouve la racine AY dans le latin AVIOLUS ( diminutif d’AVUS, féminin AVIA ) qui a donné le français Aïeul et les termes comme Avant ou Aval indiquant ce qui précède. Chez les japonais dont on sait qu’ils ont été fortement influencés par les peuples de langue agglutinantes, l’île primordiale se nomme d’un nom étranger au Japonais ” AWA ” dont on ne viendra pas me soutenir qu’il est hébreu. L’île mythique d’AIAIE est encore un écho de cette primordialité. Citons encore l’iranien GAYA ( vie ), le HAYE ( vie ) des Mandaïtes, l’hébreu Aïn ( source ) et HAYAH, l’Arabe AYN ( source, émanation ), les termes hébreu relatif à la Vie et à l’Ame HAIAH/AIOUTH/HAYYATI, L’HEBREU AWA/HAWWAH (le nom de EVE) est de même étymologie. Nous verrons dans cet ouvrage le nombre incroyable de termes de racine AY qui ont trait à la symbolique de la vie à travers les éléments Eau et Feu et la symbolique qui leur est attachée (serpent, bélier, capridé, l’oeuf, le soleil ). Or, toute cette symbolique se rapporte à la Vie et à la grande Déesse, c’est ce que nous démontrerons. Avant d’aller plus loin, nous noterons pour la clarté de l’exposé, que les racines dravidiennes AY/AJ/AN que nous verrons dans les textes suivants procèdent toutes du phonème ” A ”. La lettre A a toujours eu un sens d’origine, de primordialité, de potentialité à l’état latent. Mais elle a aussi un sens de Hauteur par exemple dans le dérivé AN. En dravidien le phonème A a désigné le bovidé en général mais plus certainement la ”Vache Céleste ” figuration de la Déesse Mère Néolithique. Car, en effet, le dravidien possède un autre terme pour désigner le taureau et la divinité afférente à cette image symbolique c’est le terme KO dont les lecteurs de mon livre ” L’Héritage Atlante ” ont pu lire l’extraordinaire parcours linguistique. Donc ” A ” nous semble bien désigner, même si le terme est neutre l’idée de Déesse, ancêtre divine. A l’origine, la vache céleste fut Déesse universelle, céleste, solaire, déesse de la végétation, de la naissance et de la mort, de l’eau et du feu, du ciel et de la terre. C’était l’époque du Matriarcat et Dieu était femme. Il a fallu l’avènement des civilisations patriarcales nomades pour combattre l’influence de son culte et imposer un dieu mâle. Mais ceci est une autre histoire.[suite]

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