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LA VACHE FOLLE : D'AUTRES PISTES QUE LE PRION

 

 



LE VARRON : est la larve parasitaire d'une mouche (l'hypoderma Bovis) qui pond ses oufs dans le pelage des bovins ; les larves passant dans le conjonctif sous-cutané (d'où le nom de la maladie : Hypodermose) perce la peau pour s'échapper, se développer et se transformer en mouche et continuer le cycle. Ce n'est pas bien grave sinon que cela affaiblit les bêtes et troue le cuir des bovins.

Jadis, les artisans se déplaçaient dans les campagnes pour extraire le varron et cicatriser tout simplement à l'eau oxygénée. Puis on découvrit une molécule « miracle », l'Ivermectine, sensée débarrasser les troupeaux de ce parasite. En 1986 on commença en France les campagnes prophylactiques qui au début furent très mal perçues par nombre d'agriculteurs. Alors l'administration, par arrêté du 4 novembre 1994 impose un programme national d'éradication basée sur l'Ivomec, produit commercial fabriqué à parti d'Ivermectine, malgré que l'Ivomec, n'est apparemment jamais reçu l'AAM (autorisation de mise sur le marché) et que d'autre part, ce Terminator des insectes qu'est l'Ivermectine est interdite dans les élevages laitiers (les éleveurs bio qui l'utilisent risquent d'être privés du label AB).

Il y a là, pour les éleveurs bio, un énorme problème qui se pose, puisque s'ils n'utilisent pas l'Ivermectine ils sont en dehors des lois et s'ils l'utilisent, ils n'ont plus droit au label. Toutefois, les éleveurs bio peuvent s'appuyer sur la loi Barnier du 2-2-95 qui renforce le principe de précaution inscrit dans le Code Rural (article L.200-I).

En ce qui concerne l'efficacité de l'Ivermectine, rien à dire c'est efficace, trop peut-être ; il est éliminé par les urines et les selles, et son accumulation progressive est apte à détruire en peu de temps, la microfaune des pâturages. En 95, les recherches du physicien Joel Sternheimer pour trouver une alternative à l'usage excessif de l'Ivermectine mettait en relief des éléments nouveaux très importants comme le fait que le varron secrétait une protéine exerçant une influence inhibitrice sur le prion de l'ESB, « l'Hypodermine ». Enzyme permettant au parasite de se frayer une route dans le conjonctif et qui de ce fait intervient de manière importante dans la pathogénie de l'hypodermose. Cette découverte donna à la « piste varron » une caution scientifique qui relance le débat et qui rejoint les constats de nombreux éleveurs.

Les travaux de séquençage de Sternheimer montrent que l'hypodermine est plus facilement synthétisé sur des animaux stressés, mal alimentés, victimes d'un élevage intensif qui génèrent une pathogénie dégradante du varron ; que le varron a un pouvoir inhibiteur sur le prion et que la présence de larves de varron dans l'organisme de bovin protégerait ou retarderait la maladie. Or une étude publiée en décembre 2000 montre qu'en France l'apparition de l'ESB est survenue entre 2 et 5 ans après le début des campagnes d'éradication du varron. Une autre observation réalisée en Grande Bretagne montre des résultats similaires dans des zones où notamment les vaches étaient soumises à des élevages intensifs et avaient perdu leur capacité de défense lors des traitements à l'Ivomec.

Donc l'hypodermine du varron serait en quelque sorte une « maladie-soupape » qui lutterait efficacement contre le Prion pathogène. Il y a là, assurément, une voie de recherche très intéressante qui devrait aboutir à la suppression pure et simple de l'Ivermectine et de l'arrêté qui l'a imposé. Même l'INRA a observé une corrélation entre l'éradication du varron et l'apparition de l'ESB.

Autres pistes : les ORGANO-PHOSPHATES

Constat
 : l'ESB n'a commencé à faire parler d'elle qu'à partir de 1986, 4 ans après que la Grande Bretagne a commencé à exposer son bétail aux pesticides à base d'organo-phosphatés. Dans le Kent par exemple, les autorités britanniques ont rendu obligatoire la pulvérisation du bétail avec un pesticide redoutable à base d'organo-phosphatés, le Phosnet afin de combattre une épidémie d'hypodermose bovine (telle que vue précédemment avec le varron).
Le Phosnet, toxique neurologique, fut à l'origine élaboré par les nazis et fabriqué par une filiale (Zenecca) d'ICI. Le Phosnet fut entre 1982 et 1990, exclusivement utilisé en grande bretagne. Le Phosnet est apparenté à la tristement célèbre
Thalidomide responsable de tant de malformations congénitales.
En 96, un agriculteur britannique suggéra que le Phosnet puisse être à l'origine de l'ESB, mais il ne fut par suivi, et pourtant. l'usage et la localisation du Phosnet à cette époque concordent avec l'apparition de l'ESB. Il y a également concordance avec le développement d'une maladie similaire qui affecte les cerfs et les élans aux USA ; une maladie repérée depuis 1967 au Colorado dans les parcs d'élevage de cervidés ; cette forme d'ESB est là-bas
« maladie du déperissement chronique » (CWD aux USA).
En 78, ce sont les populations sauvages du Wyoming qui sont atteintes après un lâchage inconséquent des bêtes malades du Colorado. La contamination, qui atteindrait 12 à 15% des ruminants aurait été transmise indirectement, par un environnement contaminé, certains prétendent par les mouches (comme la
Sacrophagia,.) mais d'autres prétendent aussi avec des arguments plus probables que la contamination serait due à des taux élevés de manganèse largement pulvérisé sur le bétail via les pesticides organo-phosphatés.

Or l'excès de manganèse est susceptible d'intensifier, chez le bétail, les formes d'ESB ; en conséquence, l'ESB pourrait bien provenir des organo-phosphatés qui agressent les tissus nerveux du bétail. On en connaît bien la virulence puisqu'en 1986, Sandoz Suisse avait déversé dans le Rhin un pesticide à base organo-phosphatés qui avait tué toute la faune aquatique du Rhin (de Bâle à la Mer du Nord). Il a fallu 7 à 8 ans pour faire revivre le Rhin.
De nombreux autres pays ont exposé le bétail aux organo-phosphatés.

 

D'autres questions se posent à propos de la contamination : par les farines animales bien sûr, les excréments du bétail dans les pâturages, mais aussi par les cendres des incinérateurs.
Selon « L'Observer » après de nombreux tests, les cendres d'un incinérateur du Lincolnshire contenaient encore des traces du Prion. Or ces cendres sont ensuite répandues dans les prairies des alentours et peuvent donc contaminer l'environnement.

Autre voie de propagation possible : La mouche, comme la Sacrophagia qui dépose ses oufs sur la peau du bétail ; rapidement les larves se développent et provoquent une infection (appelée Myosis) dans les cavités (sinus, ..).

Pour infos, voir le Lancet du 04/12/99

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