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La réglementation européenne (2092/91/CEE)
stipule que les produits Bio ne peuvent afficher "la
garantie d'une qualité organoleptique, nutritionnelle
ou sanitaire supérieure". Voilà qui devrait
clore le débat et laisser à penser que les
produits agricoles bourrés d'engrais, de pesticides
et d'insecticides sont aussi bons pour la santé que
le Bio qui n'en comporte pratiquement pas.
En ce qui concerne le goût, préférons
celui du naturel, le fait de produire sans engrais,
fertilisants ou pesticides entraîne le Bio à
courir le risque de voir réapparaître des
maladies ou des microbes éradiqués par
ailleurs. Nous avons vu précédemment que cet
argument ne tenait pas. D'autres reprochent au Bio de
présenter des fruits et légumes rabougris,
tachés, pas très beaux, sales. C'est vrai
qu'ils n'ont pas le bel aspect de produits trafiqués
de l'agriculture industrielle, mais ils sont plus sains et
cela compte. On a même vu des commerçants, pour
faire plus Bio, mettre les spécimens les plus
abîmés dessus, ou même y mettre de la
terre. La réalité est aujourd'hui toute autre,
allez chez des professionnels de l'agriculture Bio ou les
grandes surfaces comme Carrefour ou Monoprix, vous y
trouverez des produits agréables, colorés et
propres, mais ils ne seront pas calibrés comme les
produits agro-industriels.
Les produits Bio sont en moyenne 15 % à 20 % plus
chers. pourquoi ce surcoût ? l'exigence des cahiers
des charges impose plus de contraintes, de temps, d'espace,
de main d'oeuvre. Les rendements sont plus faibles car les
engrais organiques sont moins actifs que les engrais
chimiques. Lorsque l'agriculteur décide de passer au
Bio il doit mettre son exploitation en veilleuse, au moins 2
ou 3 ans afin que la terre se débarrasse des
pesticides et des engrais, conversion qui est très
mal compensée.
Jusqu'ici les conversions au Bio avaient un objectif
fixé à 600. Le ministère de
l'agriculture vient de le faire passer à 2000 pour
2005, ce qui semble encore trop peu.
De même, en Arboriculture, les vergers Bio produisent
30 à 50 % moins. Sur une surface cultivée en
Bio, la densité d'arbres ou de plants est moindre
pour éviter les épidémies.
Ceci explique les écarts de prix, écarts qui
se réduisent d'ailleurs de plus en plus au fur et
à mesure que le marché s'élargit. En
86, les prix étaient de 35 à 50 % plus chers,
ils sont aujourd'hui d'environ 30 % et devraient atteindre
dès l'an prochain 15 %.
De plus, ces fruits et légumes ont souvent plus de
goût parce qu'ils sont issus de variétés
plus rustiques, que l'on a mieux respecté les
délais de maturité des végétaux.
Certaines variétés, très anciennes ont
été remises au goût du jour : courge,
potiron, potimarron, roquette (salade) sarrasin, epeautre
(variété de blé). D'autre part, depuis
le 01 janvier 99, les producteurs Bio doivent acheter des
plants obligatoirement issus de l'agriculture Biologique
puis ce sera les semences, bulbes et tubercules.
Essayons maintenant de voir plus clair dans le labyrinthe
des logos et appellations. Commençons par le Bio et
son label AB. Il est aujourd'hui possible de
s'approvisionner "Tout Bio" et de faire un menu tout Bio -
Auchan, Leclercq et surtout Monoprix et Carrefour font de
gros efforts en faveur du Bio. Carrefour aide même
cette filière et soutient des programmes de
conversion des jeunes agriculteurs ou chômeurs vers
l'agriculture Bio.
Les producteurs sont également de plus en plus
nombreux dans la filière fruits, légumes et
céréales, mais aussi le vin, l'huile, l'huile
d'olive, chocolat, sucre,confitures et compotes, farines,
jus de fruits, pain, fromage, produits laitiers frais,
viandes et charcuteries, café, plats cuisinés,
surgelés, petits pots pour bébé, etc...
En fait 90 % de ce qui se mange se trouve dans les rayons
Bio.
Les grandes et moyennes surfaces, avec leurs rayons Bio,
atteindront cette année 50 % de la fourniture du
Bio.
Il n'y a pas si longtemps, le Bio n'était qu'un
marché marginal qui attirait les quolibets.
Aujourd'hui, ce marché augmente
considérablement chaque année. En 1999 on
estimait le marché à 3 milliards de francs ;
pour l'an 2000 il est estimé à 15 milliards et
il devrait exploser dès l'an prochain. Notamment dans
la communauté Européenne, aujourd'hui 1
Français sur 6 achète Bio et 50 %
achètent Bio de temps en temps (sondage Louis Harris,
1999) Outre Auchan, Leclercq, Monoprix et Carrefour, la
filière Bio compte Bonneterre, La Vie Claire, Bio
Vivre, BioCoop, Naturalia, le Jardin Biologique, etc...
desquels nous vous parlerons dans nos rubriques.
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