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La pollution de l'eau par les
médicaments ne date pas
d'aujourd'hui.
La première fois qu'une étude détecta
la présence de médicaments dans l'eau date de
1976. Les tests eurent lieu aux USA à la station
d'épuration des eaux de BIG BLUE RIVERS (Kansas
City). Les résultats de l'étude furent
rapportés dans la très sérieuse revue
scientifique LIFE SCIENCE du 15 janvier 1997.
Durant une bonne quinzaine d'années ce fut le silence
; et puis, en 1992, des chercheurs Allemands ont
identifié dans l'eau de l'acide
clofibrique (CA) médicament utilisé
contre le cholestérol, or le CA est un proche parent
du fameux herbicide 2,4-D. Depuis, en Allemagne,
Suède, Danemark, des chercheurs ont mesuré
régulièrement les taux de CA et d'autres
médicaments dans les lacs, rivières et
même la Mer du Nord. Effarant !
La Mer du Nord toute entière dans laquelle nous
pêchons le bon poisson frais de nos repas contient,
partout, non des traces, mais bien des quantités
mesurables d'acide clofibrique.
Les chercheurs estiment que la Mer du Nord contient de 48 à
96 tonnes d'acide clofibrique (voir : Envrionmental Science
and Technology 32 (1) : 188 192, 1998).
Le Pô (Italie) et le Danube (Allemagne) contiennent
également des quantités très notables
de CA.
Plus inquiétant ; on a trouvé dans l'eau du
robinet, en différents endroits de Berlin, des
concentrations de CA allant de 10 à 165 ppt. Mais le
CA n'est pas le seul à être impliqué car
l'on découvre d'autres médicaments.
Depuis une décennie on s'est rendu compte qu'il y
avait dans l'eau (et ailleurs) une nouvelle catégorie
de polluants : les médicaments pharmaceutiques
à usage humain ou animal (antibiotiques, hormones,
tranquillisants, antalgiques puissants, produits
utilisés en chimiothérapie du cancer,...). Ces
médicaments se retrouvent en quantités
quantifiables dans les eaux de surfaces, les eaux
souterraines et l'eau du robinet. Ces médicaments
absorbées par des patients (humains ou animaux) sont
ensuite excrétés par eux et rejetés
dans l'environnement par les chasses d'eau, tout à
l'égout, épandage des boues de vidange sur et
dans le sol.
Selon les chercheurs Allemands, dans n'importe quel
échantillon d'eau, on peut retrouver de 30 à
40 sortes de médicaments lorsque l'on prend soin de
faire une analyse sérieuse. Sachons que les
médicaments sont conçus pour avoir des
caractéristiques particulières.
Ainsi, 30% des médicaments
fabriqués entre 1992 et 1995 étaient
liposolubles, donc que le médicament est soluble dans
un corps gras mais pas dans l'eau, ce qui permet le
passage à travers la membrane cellulaire, puis la
libération de l'effet à l'intérieur de
la cellule. Donc, une fois excrétés dans
l'environnement, ils entrent dans la chaîne
alimentaire et se concentrent de plus en plus.
D'autres médicaments, conçus pour être
résistants, ont une structure chimique qui se
maintient suffisamment longtemps pour exercer une action
thérapeutique. Or, une fois excrétés,
ils persistent dans l'environnement avec un certain pouvoir
d'action. Et l'on sait que lorsqu'une personne ou un animal
absorbe un médicament, 50 à 90 % sont
excrétés inchangés ; le reste de
l'excrétion se fait sous forme de métabolites
(produits chimiques dérivés de l'interaction
du corps et des médicaments) ; et certains
métabolites sont plus liposolubles encore que le
médicament dont ils sont dérivés.
Autre conséquence probable des médicaments
dans l'environnement : les Bactéries qui
développent une résistance aux antibiotiques.
Autre question qui se pose avec plus d'acuité encore
de nos jours : où passent les déchets
d'hôpitaux qui se comptent par centaines de tonnes et
qui sont de gigantesques foyers microbiens ?
Sources : PETER MONTAGUE "
Rachels Envrionment and Health Weekly" n°614 - 3 sept.
1998 - P.O Box 5036 Annapolis MD 21403
e-mail : erf@rachel.org
http://www.monitor.net/rachel/
CHEMOSPHERE, 36 (2) 357 393 - 1998
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