|
Tous les jours, aciéries et incinérateurs
d'ordures ménagères recrachent de fortes doses
de
Dioxine, une
substance très dangereuse pour l'homme et
qualifiée par les toxicologues de "sida
chimique".
Cette dioxine, nous la respirons et nous l'avalons, car elle
est véhiculée par l'air et se dépose
dans les champs, les rivières, les sols où
elle pénètre jusqu'aux nappes
phréatiques qu'elles empoisonnent davantage. Ce
produit très stable va perdurer dans les sols durant
plusieurs années comme il fait d'ailleurs dans notre
organisme où il exerce ses ravages en fin de
course.
La dioxine des mâchefer des aciéries s'accumule
même le long des chemins où ces résidus
d'incinération sont déposés, mais par
suite de l'érosion naturelle, ils vont
progressivement pénétrer le sol et
représenter un danger, raison pour laquelle une
directive interdit leur utilisation à moins de 30
mètres d'un cours d'eau.
La dioxine ou les dioxines pourrait-on dire puisque l'on
recense dans cette famille 200 molécules dont 17 sont
reconnues comme très toxiques pour
l'homme, et dont
la plus tristement célèbre est celle de
SEVESO, le TCDD qui en juillet 1976 à
touché la ville italienne de Seveso ; cette dioxine
provenait d'une usine de pesticides établie tout
près. Or, deux décennies plus tard, on
relevait à Seveso une nette augmentation de cancers
gastro-intestinaux et une forte augmentation de
leucémies.
Autres types de dioxines, le Pyralène, "l'agent orange" nom donné au
défoliant utilisé au Viêt-nam ; les
Polychlorobiphenyles les plus connus sous le nom de
PCB dont les dégâts aux USA
furent énormes.
En juin 1999 autre scandale de la dioxine avec
l'affaire des
poulets belges contaminés à la dioxine.
Cela suffit pour relancer le débat. La dioxine est classée
cancérigène par l'O.M.S. La dose journalière
admissible à partir de laquelle débutent les
risques neurologiques, cancérigènes,
endocriniens et immunitaires est de 1 pictogramme par Kg de
poids corporel et par jour. Les poulets et les oeufs belges
en contenaient 200 fois plus.
Toujours est-il qu'en dehors de ce cas bien précis,
un peu partout en France, nous sommes bien au dessus des
normes admises si l'on en croit le CNID et d'autres
organismes ; dans de nombreux pays le schéma est
identique. Or, il faut savoir que non seulement nous
respirons de la dioxine mais qu'elle est omniprésente
dans notre alimentation, car elle se fixe sur les graisses,
viandes, poissons, volailles, oeufs et produits laitiers y
compris le lait maternel.
Lors de l'allaitement par exemple, et via le lait maternel
qu'elle donne au nourrisson, la mère évacue,
par ce lait, les dioxines stockées dans son
organisme. Donc, dès le départ, le nourrisson
est fortement exposé, non seulement par le lait
maternel, mais aussi avant la naissance, ce qui peut
provoquer des malformations congénitales
précoces et des handicaps.
La dioxine entraîne en outre des
dérèglements du système nerveux et
hormonaux. Et suivant certaines études, les
Français seraient soumis à une exposition
moyenne de 2 à 3 pictogrammes, et cela toucherait
environ 3 millions de personnes, mais en notant qu'au
dessous de ces chiffres d'exposition plusieurs autres
millions de Français puissent être
touchés. D'autre part, le conseil supérieur
d'hygiène publique avait calculé que le taux
de Français exposés à une dose mini de
1pg/kg/j de dioxine entraînait une surmortalité
annuelle par cancer de 1800 à 2000 cas !
Dans le système hormonal les dioxines provoquent des
troubles graves (infections utérines,
féminisation des foetus, baisse de
fertilité,...) mais la dioxine réduit aussi
les défenses immunitaires, provoque des maladies de
peau, et génère des dérèglements
du système nerveux.
Rappelons encore que les enquêtes conduites en 98 par
3 organismes français démontrent qu'en France,
les enfants de 2 à 9 ans absorbent chaque jour en
moyenne 2,3 pg/kg de dioxines en raison de leur
surconsommation de laitages alors que le seuil
recommandé de l'O.M.S. est de 1 pg/kg/jour sur une
vie entière.
Voilà le topo ; cependant les autorités
sanitaires se penchent avec attention sur ce grave
problème, conscientes des dangers courus et cherchent
des solutions.
Retour autre article
sur les dioxines
[Retour
sommaire]
|
|