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AVIS DE DECHETS : L'INCINERATION (02/2002)

 

 

avis de déchets l'incinérationNotre société technico industrielle se trouve confrontée depuis quelques années à un problème qu'elle avait dès le départ éludé mais qui se manifeste de nos jours avec une acuité croissante. En effet, on ne sait plus que faire de nos déchets (urbains, agricoles, industriels, chimiques, nucléaires). Notre planète est devenue, au fil des ans, un gigantesque dépotoir de produits dangereux qui mettent en péril notre santé, notre existence et le milieu naturel dans lequel nous vivons.


Jadis, nos déchets étaient essentiellement organiques. Mais notre civilisation industrielle a choisi la voie de la superproduction, de la surconsommation et du gaspillage. Les économistes et les financiers vous le diront tous en choeur : pour assurer le bien-être de l'humanité, un seul moyen, la croissance, le maître mot de la recette du bonheur qui ne se conçoit que par la production et la consommation. Le résultat est là, sous nos yeux, le monde croule sous ses propres déchets dont il ne sait plus que faire. Et plus l'on produit et l'on consomme, plus les poubelles et les décharges débordent. En vingt-cinq ans, en France, la quantité d'ordures ménagères a doublé, arrivant au chiffre actuel de 20 millions de tonnes par an.


Il y a quelques années, l'industrie fabriquait encore du solide et du durable que l'on réparait et conservait le maximum de temps. Aujourd'hui dans la frénésie du profit, de la superproduction et de l'expansion infinie, le matériel est de plus en plus sophistiqué, gadgétisé, mais de moins en moins solide et difficilement réparable. Il devient aussi très vite démodé... Alors on jette et on renouvelle... On ne conserve plus, on ne répare plus, on jette, on fabrique des objets jetables : rasoir, briquets, stylos,...

On fait le marché sans cabas et l'on récolte une multitude de sacs plastiques jetables, on opte pour les bouteilles en P. V. C. plus légères que celles en verre, etc... Nous pourrions citer des centaines d'exemples.
Maintenant nos décharges ne suffisent plus à absorber cette avalanche croissante de déchets, même après avoir fait, tardivement, de la récupération. Durant des années on a mis le feu " à ciel ouvert " à nos décharges qui ont recraché dans la nature les pestilences malsaines de son contenu, y compris la dioxine. Les incinérateurs sont ensuite arrivés et les usines d'incinération se sont multipliées ; on se disait que le feu purificateur allait tout détruire. Or brûler les déchets, ce n'est pas les détruire mais les transformer en autre chose de pire. L'incinérateur ne fait que réduire provisoirement la masse de déchets qui sera réalimentée quotidiennement, mais par contre elle émet en retour des émanations toxiques nuisibles pour la santé des hommes, des animaux, des plantes et de l'environnement général (voir notre article sur la dioxine
).
Les cheminées des fours d'incinérateurs rejettent à l'atmosphère de nombreuses substances toxiques : dioxydes sulfureux, oxyde de carbone, particules de métaux lourds, vapeurs de mercure, chlorure d'hydrogène, etc. les cendres mêmes sont imprégnées de dioxine. On trouve encore dans ces substances toxiques rejetées à l'atmosphère des furannes, du plomb, du cadmium, du mercure,...
L'incinération c'est la production de dioxine et de toutes ces substances mortifères. Parmi les déchets subsistent des métaux lourds qui par les eaux de pluie iront empoisonner les nappes phréatiques. Le plomb donne le saturnisme avec anémie, maux de tête, perte de poids, irritabilité, paralysie du larynx, perte de sperme chez l'homme. Le cadmium provoque hypertension, lésions rénales et osseuses. La dioxine détruit les systèmes hormonaux remettant en cause la croissance et le développement des êtres vivants. À cela ajoutons les déchets de l'industrie agroalimentaire composés de déchets organiques pernicieux pour notre santé et qui ont en outre la propriété de polluer l'eau et de favoriser le phénomène bien connu d'eutrophisation qui élimine toutes chances de survie pour le poisson...


Et puis, bien sûr, les déchets industriels, chimiques, abandonnés.
Rappelez-vous l'affaire Love Canal ; à la fin des années 70 on découvrait 20 000 tonnes de déchets chimiques abandonnés qui furent à l'origine d'affections rénales, hépatites, malformations d'enfants, cancers. On évacua d'urgence de 1500 personnes. On fit un inventaire complet de toutes les décharges américaines dangereuses : on en décompta 21 512 parmi lesquelles 1750 nécessitaient des mesures d'extrême urgence. L'Europe ne fut pas épargnée par ce problème, et elle aussi fit son inventaire : 5000 sites dangereux aux Pays-Bas, Danemark 3000. Ensuite la peur s'est apaisée et on a recommencé à mettre un peu partout et en cachette, n'importe quoi...


Nous le savons notre civilisation est celle du risque ; par ses paris et son amour du profit elle engage pourtant la vie de notre planète. L'initiative de la collecte et du recyclage est un pis aller certes, mais qui présente des avantages intéressants, car les pollueurs ne sont pas exclusivement des industriels. Nous aussi, consommateurs, polluons puisque chaque citoyen français produit en moyenne un kilo de déchets par jour soit une tonne par an pour une famille de trois personnes.
Tout n'est pas recyclable, mais une bonne partie oui : les métaux sont refondus, les plastiques se transforment en tuyaux, en tissus synthétiques, le verre redevient bouteilles, les papiers redonnent du papier. Les usines de recyclage créent des emplois et approvisionnent les usines en matière première peu chère.

 

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