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LA CHAMBRE A COUCHER
Le mobilier de la chambre à
coucher a subi au cours de l'histoire, une
évolution curieuse. A l'origine, en dehors
du lit, très peu de choses s'y trouvaient,
et le lit fut qualifié de meuble
par l'académie en 1696, un lit
qui a d'ailleurs été toujours l'objet
de soins particuliers. Chez les Romains,
après la conquête de l'Asie, on vit
apparaître des lits avec des pieds d'argent
massif, d'ivoire et même d'or.
En Phénicie, en Égypte, les lits
étaient surélevés
précédés d'une estrade et
surmontés d'un baldaquin ; même les
Grecs eurent des couches somptueuses.
En France, à l'époque de Charlemagne
le lit se composait de matelas et de paillasse, du
temps de Clovis et encore longtemps après,
les lits étaient de très grandes
dimensions car les nobles admettaient à
leurs côtés leurs hôtes et leurs
compagnons d'armes, leur femme également, et
sous Clovis, on sait que des officiers
désignés sous le nom de
« Cubiculaire » devaient prendre soin
et faire le lit du roi. Plus tard, le lit prit
encore plus d'importance et fut doté d'un
plus grand confort (matelas, traversin ou chevet,
courtepointe).
Les lits se plaçaient au milieu de la
chambre et étaient entourés de
rideaux ou courtines pour protéger du froid,
des regards indiscrets. En 1403, la Comtesse de
Rethel possédait un lit de cendal bleu
recouvert de soie vermeille. Le lit de
François 1er était marqueté
à feuillage de nacre de perle et garni d'une
tapisserie représentant l'histoire de
Phébus. Nos musées ont
conservé les lits historiques de Marie
Antoinette, à baldaquin de Napoléon
1er, de Charles X, celui à colonnes de
pierre de Condé, celui de Jeanne d'Albret
mère d'Henri IV, ...
Jusqu'à la fin du 16è siècle,
le lit est le meuble principal de la chambre, avec
toutefois quelques fauteuils et chaieres (chaises).
Mais à partir du 17è la chambre prend
davantage d'importance et c'est une faveur que de
pouvoir y accéder. Louis XIII, Anne
d'Autriche, par exemple reçoivent les grands
du royaume dans leur chambre et vont jusqu'à
y donner audience, Louis XIV y reçoit ses
courtisans le matin, Louis XV y recevra ses
ambassadeurs. Le luxe dans la chambre à
coucher est donc une nécessité et
sera ainsi maintenu jusqu'au 19è
siècle, car l'on y dressait la table
à manger et l'on recevait. Il y eut ensuite
une périodie de décadence, et l'on y
trouvera moins de luxe, d'apparat, d'objets
mobiliers.
Les mobiliers Directoire,
Empire,
Restauration auront des lignes
plus sobres et moins harmonieuses, on
délaissera les sculptures fouillées
et les soieries éclatantes. Cette
sobriété n'en donnera pas moins les
superbes mobiliers du grand style
Empire.
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