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FAïENCES DE
MOUSTIERS
Suivant les
auteurs, un moine de passage originaire de FAENZA
(Italie) rencontre le potier CLERISSY et lui passe en secret la
recette de la faïence. D'autres auteurs
prétendent que des moines ayant
trouvé refuge à Moustiers
formèrent les premiers artisans potiers.
Toujours est-il que le potier Pierre CLERISSY est
considéré, à juste titre comme
le fondateur de la faïencerie à
Moustiers. Son frère Joseph fera de
même à Marseille où il va
créer la première faïencerie.
Mais les circonstances vont les aider. En 1672,
Louis XIV promulgue les "édits de
fonte"
qui vont obliger à fondre, au profit de
l'état désargenté, la
vaisselle d'or et d'argent que détenaient
les nobles. En huit jours, tout ce beau monde se
met à la faïence. Un marché
nouveau s'ouvre et les CLERISSY vont saisir cette
opportunité. Habiles potiers et fins
artistes, ils vont orner plats, assiettes, services
entiers de décors à la mode, certains
tirés de gravures de TEMPESTA ou de BERAIN,
décorateur du Roi. Ils diffusent leurs
fabrications chez les nobles et riches familles
d'Aix en Provence, puis à la Foire de
Beaucaire qui les diffusera.
En s'attachant la collaboration de très bons
artistes, la manufacture prospérera jusqu'en
1793. Louis XIV fera grand cas de la faïence de
Moustiers
et le nom de ce petit village d'artistes sera
bientôt connu de toute l'Europe.
A partir du Cobalt, ils vont obtenir d'extraordinaires
"Bleus
CLERISSY", qu'ils vont utiliser très
astucieusement dans diverses scènes
inspirées de gravures italiennes du
16ème siècle par la technique du
PONCIF, technique d'impression où
les contours d'un dessin sont perforés afin
de le reproduire par projection de poudre à
travers ces trous, poudre qui va se fixer sur le
support.
Ces dessins seront cernés de magnifiques
décors (frises, broderies,...)
réalisés par des peintres venus de
Riez, les Viry. Vers 1740, des céramistes
espagnols, appelés par les CLERISSY,
viennent s'implanter à Moustiers ; ils
portent dans leurs bagages, la Polychromie
déjà utilisée
en Espagne avec des couleurs supportant le grand
feu : vert, jaune antimoine, manganèse rose
ou violet. Joseph OLERYS venu d'Espagne et porteur
de la même technique, va s'installer à
Moustiers et développer un décor de
médaillons, de fleurs en bouquets. En 1718,
FERRAT fonde sa manufacture et les
dessinateurs FOUQUE, PELLOQUIN, vont faire évoluer le
"Moustiers". Tout en gardant les sujets
devenus traditionnels, ils introduisent des
décors nouveaux, créent des couleurs
nouvelles plus intenses (vert émeraude,
pourpre). Les Ferrat apportent la technique du
"petit
feu"
utilisé par les faïenciers de
Strasbourg qui permet l'usage de couleurs
nouvelles. Les pièces de Ferrat
rénovent le style des moustiers, y ajoutent
des sels d'or et des rouges à base d'oxyde
de Fer. Motifs nouveaux et couleurs nouvelles,
Ferrat ajoute sa touche au Moustiers. Après
la Révolution, la clientèle
disparaît, les usines ferment, Moustiers se
dépeuple, la faïencerie s'appauvrit.
Puis, au début du siècle,
Marcel
Provence,
fortement attaché aux traditions, va ouvrir
l'Académie de
Moustiers, faire venir la talentueuse artiste
qu'est Simone Garnier. La succession est
assurée et une quinzaine ateliers se sont
installés pour reprendre le flambeau en
maintenant la qualité, le talent et
l'originalité.
Si vous
allez un jour dans ce coin charmant de la Haute
Provence, faîtes un arrêt à
Moustiers pour visiter les ateliers et le
musée de la faïence.
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